Les détails de la pratique - lombricompostage

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Les détails de la pratique

LOMBRICOMPOSTAGE

LES DETAILS DE LA PRATIQUE


SOMMAIRE
1.
Régulation des différents paramètres (températures extrêmes, acidité, humidité, aération)
2. Alimentation (aliments autorisés et interdits, ajout de matière carbonée, fréquence et conservation)
3. Diverses pratiques (répartition des aliments, enfouissement, touillage, coquilles d'oeufs, découper les déchets ou non)

4. Tableau des solutions aux problèmes

1. REGULATION DES DIFFERENTS PARAMETRES

TEMPERATURES extrêmes
Quelques astuces pour vous aider l'hiver et l'été
(Par Christian)

Nos vers, dans la nature, sont capables d’affronter du plus froid des hivers au plus chaud des étés. Pour cela, ils se réfugient en profondeur, se servant d’abris naturels, comme des amas de feuilles, de bois morts ou de pierres.
Nos lombricomposteurs sont fait pour être en intérieur et, dans ces conditions, les vers acceptent parfaitement les mêmes températures que nous .

L’idéal se situant entre 15 et 25° C pour eux, nous rappelons :
- qu’en dessous, jusqu’à 5° les vers vont ralentir leur rythme de vie et donc moins travailler pour vous.
- En dessous de 5°C, ils seront en hibernation, roulés en boules. Ils attendront un certain temps en fonction de leurs réserves que la température soit plus clémente.
-
A 0°C et en dessous, si la litière vient à geler autour d’eux, ils vont mourir.
- L’été, ou dans une pièce surchauffée comme une véranda en plein soleil, au dessus de 25° C jusqu’à 30° C, les vers vont commencer à chercher la fraîcheur en s’enfonçant dans les bacs ou en montant au parois pour trouver une certaine humidité et éventuellement une sortie de secours.
-
Entre 30 et 35°C les vers vont énormément souffrir et finalement mourir si rien est fait.

Que faire pour éviter le pire dans un lombricomposteur?
La plus simple des solutions est évidemment de l’accueillir chez vous, pendant les jours difficiles, pour partager votre confort, ou dans la pièce la plus adaptée. Pour les plus réticents, il vous faudra chercher le meilleur lieu pour la survie de nos amis. Mieux vaut une cave à 8° que le balcon à -8° ou plein soleil.

Contre le froid, il va falloir trouver quelques astuces,
- et la première sera de leur construire un abri isolé par des isolants classiques : polystyrène, multi-couche, plastique à bulles, ou simples cartons…
- Rappelez vous bien que le lombricomposteur  a besoin d’oxygène et que vous devrez aérer régulièrement votre abri.
- Vous pourrez aussi disposer des bouteilles d’eau chaude pour les nuits les plus froides,
ou utiliser des systèmes électriques comme un fil chauffant pour terrarium mais ceci, bien sûr, a un certain coût. 

Contre la chaleur,
- le choix d’un coin à l’ombre et au nord s’impose.
- L’abri isolé convient aussi mais il devra être de préférence blanc pour renvoyer un maximum de rayons solaires.
- Faites des trous dans le compost, genre cheminée, et ouvrez le robinet si vous en avez un, pour provoquer un courant d’air qui fera de l’évaporation, favorisant le refroidissement.
- Pensez à compenser l’évaporation , si besoin, par des pulvérisation d’eau de pluie fraîche.
- Aérez votre abri de nuit pour profiter de la fraîcheur.
- En cas de canicule, vous pouvez disposer de la glace dans un récipient, bouteille d’eau congelée ou pains de gel pour glacière directement dans le lombricomposteur ou sur le couvercle.

En conclusion, j’aimerai vous faire admettre que la solution la plus simple c’est quand même notre petit chez nous douillet, chauffé l’hiver et même peut-être climatisé l’été.
Le paradis pour nos petits amis qui n’ont pas choisis d’être enfermés dans nos lombricomposteurs, nous leurs devons bien ça.

ACIDITE
La pratique du lombricompostage ne nécessite pas l'utilisation d'un appareil de mesure du pH. Une bonne gestion du système sera suffisante, grâce à de la prévention :
par l'ajout de coquille d’œufs plus ou moins broyées, de bicarbonate de soude, ou de mélange spécial vers dans le commerce, et
en évitant l'introduction d'aliments trop acide pour les vers > voir «ALIMENTATION» un peu plus loin.

HUMIDITE
Idem : pas besoin d'appareil de mesure. Cela peut se voir à l’œil nu :
- si des gouttes d'eau se condensent sous le couvercle (plutôt pour les lombricomposteur en plastique) : le taux d'humidité est plutôt bon.
- si le couvercle ruisselle c'est que c'est un peu trop humide : essuyer avec un torchon ou rajouter de la matière carbonée qui absorbera le trop plein.
- si vous voyez que les déchets ne sont pas trop humide, voir sec, humidifiez. Utilisez plutôt un vaporisateur qui diffusera bien l'eau. Car si vous verser un verre d'eau par exemple, cela risquera de noyer les vers.

AERATION
Techniquement les vers se chargent de cela grâce à leur «galeries», mais s'il n'y a pas suffisamment de matière carbonée (ce qui est courant), le composte ne sera pas assez structuré et s'affaissera bloquant la circulation d'air. L'idéal serait de remuer de temps en temps le contenu des plateaux à votre convenance : plus souvent vous le faite, plus vous serez certain de ne pas avoir de problème d'aération.
Plus le lombricomposteur contiendra de zones d'aérations, et plus le risque de problèmes liés à un manque d'air sera bas : ouvertures sur le couvercle et au niveau du bac récupérateur du liquide, robinet laissé en position ouverte, …
Nous avons remarqué que les problèmes de manque d'aération sont très courants lorsque le robinet reste en position fermée. Nous vous recommandons donc vivement de laisser votre robinet (si vous en avez un) en position ouverte, et de placer un récipient en-dessous pour récupérer l'engrais liquide qui coule au fur et à mesure. Cela optimisera l'aération.

2. ALIMENTATION

ALIMENTS «AUTORISES et INTERDITS»
Comme dit précédemment, les aliments acides ne sont pas recommandés, ainsi que ceux vermifuges et ceux dont le type de décomposition n'est pas compatible avec le lombricompostage.

Globalement voici les aliments déconseillés :
- viande
- agrumes
- oignons
- produits laitiers

Tableau des aliments prochainement mis en place.


Cependant chaque système est différent et certains pourront y mettre beaucoup de poireau, orange, ou de la viande par exemple sans qu'il y ait d'impacts négatif, alors que d'autres verront leurs vers mal en point au moindre ajout de poireau. A vous de faire vos tests.

L'ajout des aliments «interdits» est déconseillés au démarrage, vous pouvez commencer à tester au cours de votre 2ème étage, en introduisant de toutes petites quantité pour voir comment réagit votre système.

AJOUT DE MATIERE CARBONEE
Les épluchures étant de la matière organique riche en azote et en eau, il convient de rajouter de la matière sèche et riche en carbone / fibre. «On conseil» souvent d'ajout 20 à 30 % de cette matière par rapport à l'apport de déchets.

De bonne matière carbonées peuvent être : rouleau de papier toilette et essuie-tout, boite d’œuf, papier broyé. Également utilisable, mais ce n'est pas ce qu'il y a de mieux : papier et journal. Ne pas mettre de papier glacé.

Nous avons remarqué qu'il n'était pas précisé s'il s'agissait du pourcentage en volume ou en poids. Nous avons donc réfléchi à la question :
- 20 à 30 % du volume des déchets correspondrait à une quantité de matière carbonée relativement insuffisante,
- 20 à 30 % du poids serait peut-être parfait, mais ingérable pour un particulier qui lombricomposte, car le volume de matière carbonée serait beaucoup plus grand que le volume de déchets. En effet les matières carbonées utilisées sont beaucoup plus légères que les déchets organiques qui contiennent pas mal d'eau.
Donc comme le but principale recherché, lors de cette pratique, est de composter ses déchets de cuisine, il deviendrait aberrant que le pourcentage de matière carbonée corresponde au poids. Quand au volume il serait insuffisant pour un parfait lombricompostage.

En conclusion : si vous pouvez mettre 20 à 30% c'est déjà bien. Si vous le pouvez, mettez-en plus.

FREQUENCE et CONSERVATION
Il y a différentes pratiques :
Après avoir fait les épluchures : les mettre directement dans le lombricomposteur.
Les mettre de côté quelques minutes / heures, puis les introduire dans le lombricomposteur.
Les conserver plusieurs jours avant de les mettre dans le lombricomposteur.

Si vous décidez de les conserver, deux conseils :
protégez les déchets des mouches / moucherons qui peuvent pondre dedans et vous causer une invasion difficile à stopper !
évitez de conserver dans une boîte hermétique – quelques minutes ce n'est pas grave, mais plus longtemps nous ne conseillons pas – car il va y avoir fermentation, qui est un type de décomposition qui ne correspond pas à celui du lombricompostage, cela peut déranger les vers et perturber l'équilibre du système.

L'idéal est de conserver, par exemple, dans un récipient recouvert d'un tissu : ainsi les moucherons ne peuvent pas y pondre et ce n'est pas hermétique.

Attention à ne pas conserver et / ou introduire dans le lombricomposteur de trop grande quantité, car, comme je l'ai expliqué précédemment il risque d'y avoir fermentation et monté en température qui ne sont pas compatibles avec le lombricompostage.

3. DIVERSES PRATIQUES (Par Solange)

REPARTITION DES ALIMENTS

Il y a plusieurs façon de faire :
mettre chaque nouvel ajout de déchets à côté du précédent selon un quadrillage plus ou moins défini (par exemple 9 "cases" pour un lombricomposteur rectangulaire ou carré),
déposer  les déchets au milieu à chaque fois plus ou moins aléatoirement,
ou là où il y a plus de place.
Techniquement la première méthode permet de composter un peu plus vite.

ENFOUISSEMENT
Certains préconisent d’enfouir les déchets que l'on ajoute, afin d'éviter qu'ils attirent les moucherons, parfois sous 1 ou 2 cm...
Ce conseil est intéressant car c'est vrai que les moucherons peuvent être un fléau, mais personnellement, j'ai du mal à voir comment l'on peut «enfouir» quand on ajoute un étage vide, ou lorsqu'il y a peu de déchets dedans, je pense que cela est possible pour le démarrage lorsque l'on a une litière ou lorsqu'on pratique le lombricompostage dans une seule boîte.

TOUILLAGE
Comme je l'ai dit précédemment, les vers sont censés faire des galeries qui permettent une bonne aération, mais cela ne marche pas toujours, dût à l'équilibre carbone / azote (les matières carbonées permettant de structurer la matière), ce pour quoi il est conseillé de «touiller» de temps en temps les bacs.

Dans la pratique certains ne le font pas du tout et d'autres presque tous les jours.

A vous de trouver ce qui vous va; en sachant qu'il y a plus de risques de problèmes liés au manque d'air si vous ne touillez pas. (Mais ça ne veut pas dire que vous en aurez...)

Personnellement, je pense que 2 fois par mois peut être un bon compromis : cela permet d'anticiper les problèmes (mieux vaut prévenir que guérir) et d'agir rapidement si un problème démarre sans lui laisser trop de temps pour se développer.

Certains disent que cette pratique dérange les vers. Effectivement, dans la nature, lorsqu'il commence a y avoir un «remue-ménage», lorsque les vers sentent des vibrations c'est que soit il pleut et il faut qu'ils sortent pour éviter de se noyer, ou soit qu'une taupe est à leur recherche et qu'ils doivent fuir. C'est pour cette raison, que certaines personnes on remarqué qu'après avoir touillé, les vers fuyaient dans le bac de récupération de l'engrais liquide et parfois en grande quantité! Alors comment expliqué que certains personnes qui touillent tous les jours disent que leur vers s'en portent bien et qu'ils n'y a pas de fuites?
 
C'est pour cela que j'ai imaginé cette théorie : lorsque les vers viennent de la nature ils ont cet instinct de fuite à la vibration, mais lorsqu'ils sont mis en condition d'élevage au début ils l'ont toujours, puis au fur et à mesure des «touillages» ils s'habituent, voyant qu'il n'y a aucuns danger et transmettent à la descendance un instinct «inhibé». C'est pour cela que je pense que même si au début il peut y avoir des fuites avec le touillage, avec le temps les vers vont s'habituer.

COQUILLES D'OEUFS
Nous avons vu que les coquilles d’œufs permettaient de réguler l'acidité du milieu. Là encore diverses pratiques existent :

Les différentes pratiques

Avantage

Inconvénient

Mises tels quelles.

Rien à faire.

Elles sont généralement retrouvées intacts lors de la récolte du compost  ce qui peut être un peu gênant pour son utilisation, mais elle peuvent toujours continuer à se décomposer dans la nature. Sinon vous pouvez les réintroduire dans le lombricomposteur.

Passées au mixeur ou moulin à café afin de faire une poudre très fine.

Se fond plus avec le compost.

Je ne cautionne pas cette pratique car cela va à l'encontre du geste écologique du lombricompostage. Le moulin à café, qui est tout de même plus écologique.

Ecrassées plus ou moins grossièrement. Avec, par exemple, un rouleau à pâtisserie ou un bocal.

Plus écologique que de mixer.

Il faut prendre le temps d'écraser les coquilles.


DECOUPER LES DECHETS (ou non)

Certains préconisent de couper les déchets très finement afin de faciliter les décomposition. Il est vrai que plus les déchets seront petits et plus elle sera facilitée, mais s'ils sont trop petits ils risquent de bloquer la circulation d'air dans le lombricomposteur.


Concernant les aliments

Avantage

Inconvénient

Coupés très finement / broyés

Se dégradent plus vite.

L'air ne circule plus ou presque plus ce qui provoquera un déséquilibre du système et éventuelle mort des vers.

Mis tels quels

Rien à faire.

Se dégrade moins vite.

Coupés grossièrement
(2 à 4 cm)

Bon compris  : se dégrade plus vite que tels quels, et l'air peut quand même circuler (à condition d'ajouter de la matière carbonée).

Il faut prendre le temps de couper grossièrement.


4. TABLEAU DES SOLUTIONS AUX PROBLEMES


Bientôt en ligne.

 
 




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