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Les vers dans l'histoire du monde

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Dans l'antiquité
Aux temps de la Grèce antique, le mode de vie et l’utilisation des vers de terre étaient bien connus et Aristote les appelait « les intestins de la terre », probablement en raison du fait qu’ils vivent et se déplacent dans la terre, tout en la « digérant ».







À l’époque Babylonienne,
ils étaient utilisés en médecine contre les lumbagos.
Dans l’Empire Égyptien, ils servaient d’indicateurs météorologiques.  De plus, l’importance des vers de terre dans la vallée du Nil était reconnue, à tel point que Cléopâtre décréta le ver de terre un animal sacré devant être révéré et protégé par tous les sujets (c’est sans doute la seule fois dans l’histoire où les vers de terre ont été élevés à un rang aussi haut). Les Égyptiens avaient interdiction de les retirer de la terre d’Égypte et les agriculteurs ne devaient pas les déranger sous peine d’offenser le Dieu de la fertilité.
Plus récemment, un rapport de l’USDA Department of Agriculture montre à travers des recherches menées dans la Vallée du Nil Blanc au Soudan, que la grande fertilité des sols de cette vallée est due au travail des vers de terre : chaque année (au cours des 6 mois d’activité), les vers de terre rejettent  environ 300 tonnes/ha de turricules (soit 10 fois plus que ce qui est observé dans les sols agricoles d’Amérique et d’Europe). On pense aussi que certains prêtres égyptiens passaient beaucoup de temps à étudier les vers de terre et leur travail. Les relations entre les populations humaines et les vers de terre sont donc anciennes. Malheureusement, les témoignages de cette vision antique n’ont pas survécus.

























De l’Antiquité à l’époque de Darwin,
on ne trouve que de rares informations sur les vers de terre, quelques descriptions anecdotiques sur leur utilisation, leur activité et leur taxonomie.
Au 19ème et jusqu'au début du 20ème siècle, la plupart des gens les considéraient comme nuisibles, devant être éliminés du sol.
Par exemple, le Cours Complet d’Agriculture de l'Abbé François Rozier, paru de 1781 à 1805 représentant la synthèse des connaissances sur le sujet à cette époque, présente un long article traitant notamment de l’aspect nuisible des vers de terre et des moyens pour les éliminer :
« Chaque cultivateur… connaît les dommages que les vers font aux semences… il est donc nécessaire de connaître les moyens de s’en débarrasser ».
Il fournit donc une liste des moyens permettant de retirer les vers de terre du sol et de les détruire ; par exemple : les collecter la nuit, en silence, à l’aide d’une lanterne; enfoncer un bâton dans le sol et l’agiter de façon à ce que les vers de terre sortent; verser sur le sol une infusion préparée avec des feuilles de différentes espèces pour les faire sortir…
Dans le même article, Rozier mentionne toutefois quelques utilisations bénéfiques des vers de terre, notamment pour certaines médecines, comme aliments de certains peuples indiens ou encore comme appâts pour la pêche.

L’importance des vers de terre dans la fertilité des sols n’était donc pas prise en compte excepté par quelques rares naturalistes.
L’un d’entre eux était Gilbert White qui est considéré au Royaume-Uni comme le premier écologiste. Environ 30 ans avant la naissance de Darwin, il écrivit une lettre à l’Honorable Daines Barrington (20 mai 1777): « Les vers semblent être les grands promoteurs de la végétation, qui pourrait croître, mais difficilement sans eux, puisqu’ils creusent, perforent et allégent le sol et le rendent perméable aux pluies et les fibres de plantes en croissant sur un nombre infini d’agrégats de terre appelés turricules de vers de terre qui étant leurs excréments est un engrais pour les graines et les plantes… Les jardiniers et les fermiers expriment leur haine des vers de terre ; les premiers car ils rendent leur marche difficile et leur donnent beaucoup de travail; et les seconds car, comme ils le croient, les vers mangent leur blé vert. Mais ces hommes trouveraient que la terre sans vers de terre deviendrait vite froide, dure et vide de fermentation et en conséquence stérile ».

 
 




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